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dimanche 3 avril 2011

Dernière ligne droite : les rats vont-ils se décider à quitter le navire ?

 Le résultat des cantonales a mis des chiffres sur ce que de nombreux analystes politiques prédisaient depuis plusieurs mois. Les dernières manœuvres politiques menées depuis l’Élysée n’ont, au mieux, pas réussi à ramener le vote populaire vers l’UMP, au pire, revigoré le FN à un niveau jamais vu depuis 2002.
Reste seulement à ne pas occulter l’effet prévisible d’une crise économique sur le vote populiste, cela par pur plaisir de souligner la torgnole que vient de se prendre le président. Autre chose à ne pas occulter : la progression du PS qui aurait pu (du ?) être bien plus importante si le parti s’était mis en ordre de bataille pour faire des cantonales autre chose qu’une élection à plus de 50% d’abstentionnistes (les vrais vainqueurs, il ne faudrait pas mettre ça sous le tapis).

Et maintenant, la panique commence à monter, lentement mais sûrement, du côté du premier parti de France (enfin, de celui qui se plaît à se faire appeler ainsi vu que personne ne connaît vraiment le nombre d’adhérents, spéciale dédicace au prestidigitateur Xavier Bertrand).
On ne nous fera pas croire que les députés et ministres paniquent à cause de la menace que fait porter le FN sur la république. Ils voient seulement avec une peur grandissante la présidentielle, et surtout les législatives 2012, s’approcher à grands pas tandis que leur champion creuse toujours plus profonds les abysses des sondages d’opinion. D’où les « prises de position courageuses », les « appels à un changement de politique » et autres « postures républicaines » qui ne sont rien d’autres que les petites tentatives de cumulards apeurés pour se protéger d’une défaite annoncée.

Il y a toujours des risques à l'ouvrir.
Une fois de plus, difficile de ne pas passer sa rage sur le petit mobilier (ou la vaisselle, à vous de voir) lorsqu’on est témoin d’un tel manque de courage et de probité politique. On finit par rêver du jour où certains hommes politiques de droite honnêtes (ne rigolez pas) seront capables de dire clairement qu’ils ne se reconnaissent pas dans une politique dictée par un ancien directeur du journal Minute et qu’en conséquence ils ne peuvent donc plus soutenir un parti/gouvernement/président qui ne peut plus se soulager sans que M. Buisson ne la lui tienne.
En attendant, il semble surtout que l’ensemble de la majorité s’entraîne au grand écart : avoir l’air le plus éloigné possible du président tout en gardant un pied bien ancré au sein de son parti. Entre Borloo qui fait surtout monter les enchères pour ne pas se présenter et Villepin qui va finir par prendre le petit déj’ à l’Elysée tous les matins, c’est à se frapper la tête contre les murs…

Grande question : un bouleversement du paysage politique est-il possible à droite ? Y aura-t-il un Dark Vador (ou Darth Vader pour nos amis puristes) pour se rebeller contre l’Empereur au dernier moment ? Ou, tels une bande de lemmings abrutis, iront-ils tous se jeter en file indienne dans le gouffre que le premier d’entre eux aura creusé ?

Les effets de la tentation du vote FN sur le teint sont assez désastreux.
Personnellement, j’ai tendance à croire que le mince espoir d’une victoire sur le fil de Sarkozy suffira à conserver l’unité de la famille et qu’il faudra attendre la probable défaite aux élections pour assister à l’éclatement de la machine à perdre. Dans un déchaînement de rivalités sordides, cela va sans dire. Messieurs Copé et Fillon aiguisent déjà leurs lames en futurs Némésis qui se respectent. Reste à savoir qui est Superman et qui est Lex Luthor…

dimanche 13 mars 2011

Les yeux du monde rivés sur le Japon – Le spectre nucléaire.

Le Japon a subi vendredi dernier le tremblement de terre le plus grave de son histoire, d'une magnitude aujourd'hui réévaluée à 9 sur l'échelle de Richter, suivi d'un Tsunami important qui a frappé de plein fouet la côte Nord-Est du pays.
Les victimes se comptent au moment où ces lignes sont écrites en milliers. Le nombre de disparus fait craindre un bilan final encore plus important, dépassant les dix mille morts. La communauté internationale se mobilise rapidement pour venir en aide aux sinistrés, notamment par l’envoi de nombreuses équipes de secouristes spécialistes de ce type de catastrophe. Un mot, en particulier, pour la Nouvelle Zélande qui se remet à peine de son propre séisme et qui s’apprête à détacher des hommes.
Les vidéos qui affluent sur le net (ici ou encore ) témoignent de la violence du cataclysme qui a frappé le pays du soleil levant.


En France, comme dans le reste du monde, tous les yeux sont fixés à l’Est. Le Japon vole, temporairement sans doute, un peu de lumière au colonel Khadafi et au débat sur l’Is… heuh heuh, la laïcité de l’UMP. Les chaînes d’information en continu ont sorti leurs logos customisés et leurs éditions permanentes pour ne pas perdre une miette des images et des informations qui ne cessent d’affluer.
Mais, déjà, toutes les attentions comment à se déporter sur un sujet bien particulier. Le tremblement de terre et le tsunami ne sont plus que des causes, presque lointaines, pour une menace bien plus effrayante pour le reste du monde : la menace nucléaire bien connue des créateurs de Mothra et autres monstres légendaires…
Là où les phénomènes climatiques ont eu des effets, certes mortels, mais localisés sur le pays, les dégâts subis par quelques unes (trois à l’heure actuelle) des nombreuses centrales nucléaires japonaises  pourraient entraîner des effets nocifs pour tous les pays du globe. Tchernobyl est déjà sur toutes les lèvres… Les ingénieurs et techniciens japonais luttent contre la montre, jour et nuit, pour refroidir les réacteurs dont les équipements ont été endommagés et stopper la possibilité que certains combustibles entrent en fusion. Les informations sont encore difficiles à obtenir (la priorité n’est pas vraiment à la phase de communication à outrance) mais on sait que certaines vapeurs radioactives se sont déjà échappées. La situation pourrait encore empirer…

Une partie des centrales japonaises.

Comme on pouvait s’en douter, les débats fleurissent déjà sur la place du nucléaire dans notre propre société française, comme s’il avait fallu une telle catastrophe pour que tout le monde se rappelle que le nucléaire n’est pas une énergie si anodine.
Comme aux élections régionales où un simple reportage de Yann Arthus-Bertrand avait été accusé de booster les votes Europe Écologie, il est facile d’imaginer que la couverture médiatique aura un impact non négligeable sur les votes aux prochaines élections voire les programmes politiques des présidentielles (si le sujet se maintient assez longtemps…).

Voilà donc en quelques jours, comment le débat politique français se retrouve polarisé dans une direction complètement différente. En début de semaine, le problème principal de la France était le fait que ses citoyens soient de confession musulmane. Une claque en mode tsunami plus tard et nous voilà en plein dans un sujet autrement plus pertinent, à savoir les choix économiques et énergétiques de notre pays dans les cinq prochaines décennies. Un sujet qui devrait à tout prix être traité de toute manière par l’ensemble du paysage politique et pas seulement par les Verts. Hélas, il faut attendre ce genre d’évènements pour qu’on puisse en débattre. Et, encore. Débat, il n’y aura peut-être pas tant les intérêts sont importants et poussés par des lobbys particulièrement puissants, tout en haut de l’État lui–même.
Est-il possible aujourd’hui de débattre d’un sujet comme celui-ci, moins « glamour » que la déchéance de nationalité et la polygamie ? Peut-on discuter le fait qu’il apporte à la France une indépendance énergétique appréciable ? Ou rappeler que certaines centrales nucléaires françaises sont dans un état de délabrement inquiétant ? Voire que toutes les garanties sont loin d’être apportées quant au traitement des déchets nucléaires ? Sans doute pas, hélas. Notre président ne souhaite pas porter son discours sur ce genre de sujets… Et les autres partis se font un plaisir de lui emboîter le pas de toute façon !

Sans commentaire.

Alors, reste à espérer au moins que la situation ne s’aggravera pas au Japon tout en permettant au sujet d’avoir un peu de lumière. Souhaitons bon courage à tous ceux qui vivent en ce moment des moments particulièrement difficiles. Il faut garder espoir en la capacité du Japon à se remettre sur pied après un tel coup. Certains économistes prédisent déjà que les nombreuses réparations et reconstructions pourraient sortir l’économie japonaise de l’ornière où elle se trouve, on aimerait le croire…
Quoiqu’il en soit, il est possible que le pays doive à nouveau absorber nombre de peurs liées à l’énergie nucléaire, enrichissant encore davantage son imagerie (pop)culturelle de monstres « godzillesques ». Difficile aujourd’hui de porter son regard sur l’avenir et les fruits qui pourront naître de ce sang et ces larmes…

Godzilla contre Ghidorah.

dimanche 16 janvier 2011

Les dangers de la démocratie.

Paradoxalement, en politique, la démocratie est souvent le pire des handicaps. Dans notre belle république démocratique, mieux vaut laisser de côté votes et débats contradictoires pour être bien placé sur la voie du pouvoir. Le débat ouvert et la confrontation des idées, ce sont un peu comme… la chaîne et le boulet qui peuvent vous entraîner vers le fond. Les français (ou en tout cas les médias) n’hésitent jamais à s’abattre sur ce qu’ils voient comme des « dissensions » ou pire… des « oppositions d’égos ».
Mieux vaut un bon gros égo qui écrase tout le monde et empêche les paroles déviantes de s’exprimer qu’un bordel de petits égos. Les « petites phrases » et les « luttes d’appareil » sont les bons petits ingrédients du parti inapte à gouverner. Alors qu’un leader autoritaire est « charismatique » et « courageux ». Putain d’injustice. Nous admirons les petits chefs et méprisons les unions.

Il y a de quoi rire jaune quand on voit à quel point la démocratie est minée par ceux-là même qui en profitent. C’est ce qu’on appelle jouer contre son propre camp. Appeler de ses vœux celui-là même qui va t’enlever ta liberté. Se foutre dans la merde tout seul.
Tout ça à cause de la nature humaine. Cette saleté. Pour se faire une idée de tout ce qui nous empêche d’avancer dans la bonne direction, je conseille la lecture de Lord of the Flies (Sa Majesté des mouches) de l’auteur anglais William Golding et 1984 de son compatriote George Orwell. Deux romans qui prennent aux tripes pour tous ceux qui sont capables d’y lire cette triste vérité : nous ne sommes pas naturellement bons, nous ne sommes pas des démocrates, nous ne voulons pas être libres.
Et ce n’est ni une question d’éducation, ni une question de société oppressive. Simplement ce que nous sommes et c’est peut-être le plus dur à encaisser. Et, accessoirement, ce sont deux putains d’histoires. Suivez donc les aventures d’un petit groupe d’enfants anglais échoués sur une île paradisiaque et découvrez la vie de Winston Smith, habitant d’Océania dans une société où « Big Brother vous regarde ».

Nazisme et Stalinisme font toujours bon ménage. Comme avec la dernière version du Crâne Rouge, Némésis de Captain America.

Tout cela doit vous paraître bien déprimant, non ? Le désarroi que l’on ressent lorsqu’on voit les remous produits et amplifiés par chaque prise de parole démocratique, justifiée ou non.
Heureusement, une lueur d’espoir est venue éclaircir le tableau ces derniers jours : la révolution tunisienne. Un grand mouvement démocratique qui a mené au renversement d’une dictature. L’avenir nous dira s’il accouchera d’une démocratie ou d’un nouveau régime totalitaire. Une fois de plus, il ne faut pas oublier que la démocratie pave parfois la route de ses ennemis.
On n’oubliera en tout cas pas les quelques paroles de nos chers dirigeants français lorsque Ben Ali occupaient encore ses beaux appartements tunisiens. Enfin, certains oublieront sans aucun doute mais je ne crois pas que ce sera le cas des tunisiens.

Ma réaction à ce qu'ont osé dire les ministres français sur le mouvement tunisien.

On pensera en tout cas aux sacrifices et aux morts qui ont permis cette victoire. Triste que la démocratie, chose si fragile, exige autant de ceux qui veulent la défendre.

Bonne année à tous ceux qui me font l'honneur de me lire.

PS 1 : Ce nouveau billet lance l’année 2011 en retard. Désolé pour ce long délai avant la reprise et, ne vous inquiétez pas, tout repart comme en 2010 !
PS 2 : Je suis plongé dans le premier omnibus de la dernière série Captain America. Une édition introuvable ou presque mais les épisodes sont disponibles en français dans le magasine Marvel Icons et en anglais sous forme de Trade Paperback. Je le conseille à tous ceux qui aiment les histoires d’espionnage, de nazis qui se font tabasser et de héros éternels. Même si vous n’aimez pas Captain America. Comme c’était mon cas.

lundi 22 novembre 2010

Politique rebelle.

Les filles préfèrent les mauvais garçons et les garçons aussi. A part que dans le premier cas c’est pour sortir avec et, dans le second, c’est plutôt pour en suivre les aventures.
Difficile d’ignorer la fascination qu’exercent l’anti-héros, le rebelle, le petit délinquant, le super flingueur et toutes les variantes du genre. La culture, et surtout la contre-culture, en regorgent, leur donnent le beau rôle, la jolie demoiselle et la victoire à la fin.
Mais, ces derniers temps, il me semble bien y avoir une nouvelle voie dans laquelle le bad boy peut trouver le succès : la politique.

Stone Cold Steve Austin, par exemple, il a tout pour réussir en politique !

Cette voie est par contre semée d’embûches et l’aspirant politique aura beaucoup à faire pour atteindre le graal du casier judiciaire bien rempli.
Il pourra commencer par une simple suspicion de conflits d’intérêt, comme pour Nora Berra et Frédéric Lefebvre dont les activités passées s’accordent mal avec leurs nouvelles responsabilités. Une accusation grave mais qui, en France plus que dans les pays anglo-saxons, n’est que rarement sujette au regard de la justice. Personnellement, je ne fais pas suffisamment confiance à l’honnêteté naturelle de l’être humain pour traiter ça par-dessus la jambe, mais pourquoi pas. On sait que de ce côté-là, l’exemple vient d’en haut avec un président qui a fait du mélange des genres un véritable art de vie.
Le conflit d’intérêt, pour moi, c’est un peu comme l’ancien vilain qui essaye de changer de vie et s’acoquine avec notre bon vieux héros. Dans Dragon Ball, Végéta, il a beau aider Sangoku, au vu de son passé, on s’en méfiera toujours. Et personnellement, moi, je n’irais pas voter pour Végéta (pas pour Sangoku non plus vous me direz, il est bien trop con).

Aucune chance d'être élu, celui-là par contre.


Dans le petit manuel de l’homme politique pas tout blanc, le chapitre suivant porte sur l’utilisation critiquable de ses attributions. On pense notamment aux nombreux salaires démultipliés, aux retraites dorées et aux appartements de fonctions, voire HLM pour les plus audacieux tel Benoist Apparu.
On est déjà au niveau de ceux qui estiment que s’ils ont l’occasion de se servir, ce serait idiot de se priver. Plus les règles sont vagues, plus elles seront alors tordues pour permettre de se faciliter la vie.
On pourrait comparer cela à l’idée du héros qui est prêt à aider mais qui veut se faire payer pour cela. Des Heroes for Hire de chez Marvel Comics au bon Ryo Saeba du manga City Hunter (même si lui veut surtout être payé en petites culottes, ce que je peux comprendre), les exemples sont légions et servent surtout à rehausser le profil des héros désintéressés. En politique, ça fait tout de suite moins rire vu qu’aux dernières nouvelles les responsabilités s’accompagnent déjà de salaires plutôt honorables.

Enfin, le diplôme de l’anti-héros politique est obtenu lorsque l’on a effectivement été condamné par la justice et qu’on peut donc arborer fièrement son statut avalisé par un juge.
On pense ici au revenant Alain Juppé, condamné en 2004 à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris (et déjà fortement inquiété pour prise illégale d’intérêts pour l’affaire de l’appartement de son fils) mais aussi à l’auvergnat Brice et ses bonnes blagues de fin de soirée. Du beau linge mais qui a encore beaucoup à faire pour atteindre les maîtres du genre, toujours réélus, Patrick Balkany et Serge Dassault.
Une fois qu’on a été condamné, la ligne blanche a été franchie. On ne sera plus jamais un héros, à peine peut-on espérer devenir un anti-héros qui fascine autant par son côté maléfique que par sa pseudo morale. Du Punisher de Marvel qui tue pour la justice à Dexter le serial-killer de la série éponyme, on sait que les anti-héros doivent ce qu’ils sont à un passé plus que difficile. Pas sûr que les hommes politiques puissent en dire autant…

S’il y a besoin d’un hymne pour nos hommes politiques corrompus…

« Le pouvoir tend à corrompre et le pouvoir absolu corrompt absolument. » Une vraie belle citation en mode bac de philo après un bachotage de dernière minute.
Les quelques exemples ci-dessus (centrés sur la droite au pouvoir mais qu’on pourrait facilement élargir à certains hommes politiques à gauche) en font une vérité communément admise. Celle qui sert de terreau à ce populisme qui tâche et qui débouche bien vite sur un « tous pourris » des familles.
Et, pourtant, en regardant notre gouvernement tout beau tout neuf, on réalise que ceux qui ont « fauté » ne s’en sortent pas si mal. Si le français est prompt à s’indigner sur l’honnêteté de nos dirigeants, l’électeur ne semble jamais tenir compte de ce critère une fois placé devant l’urne. Suspecté, poursuivi ou condamné, l’homme politique peut toujours rebondir et même se faire le chevalier blanc qui accuse l’adversaire d’être un délinquant.

Signé Xavier Delucq pour Le Post.

Alors, en politique comme en comics ou en mangas, le temps des boy-scouts est-il définitivement passé ? A-t-il même jamais existé ?
Je ne cesse de me dire qu’une moralisation de la vie politique serait un grand pas en avant. Vivement que le Karachigate ou l’affaire Bettencourt explosent à la face des responsables et que tout notre paysage politique en soit transformé.
En même temps, cela me fait peur. Cette moralisation ne servirait sans doute qu’à renforcer les partis populistes et la politique de caniveau où les attaques personnelles l’emportent sur les idées… Si les seuls gagnants de tout cela ne pouvaient être que les extrêmes ?
Au moins peut-on se dire aujourd’hui que les hommes politiques sont le reflet de la société et de notre petitesse, nous citoyens…