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dimanche 13 mars 2011

Les yeux du monde rivés sur le Japon – Le spectre nucléaire.

Le Japon a subi vendredi dernier le tremblement de terre le plus grave de son histoire, d'une magnitude aujourd'hui réévaluée à 9 sur l'échelle de Richter, suivi d'un Tsunami important qui a frappé de plein fouet la côte Nord-Est du pays.
Les victimes se comptent au moment où ces lignes sont écrites en milliers. Le nombre de disparus fait craindre un bilan final encore plus important, dépassant les dix mille morts. La communauté internationale se mobilise rapidement pour venir en aide aux sinistrés, notamment par l’envoi de nombreuses équipes de secouristes spécialistes de ce type de catastrophe. Un mot, en particulier, pour la Nouvelle Zélande qui se remet à peine de son propre séisme et qui s’apprête à détacher des hommes.
Les vidéos qui affluent sur le net (ici ou encore ) témoignent de la violence du cataclysme qui a frappé le pays du soleil levant.


En France, comme dans le reste du monde, tous les yeux sont fixés à l’Est. Le Japon vole, temporairement sans doute, un peu de lumière au colonel Khadafi et au débat sur l’Is… heuh heuh, la laïcité de l’UMP. Les chaînes d’information en continu ont sorti leurs logos customisés et leurs éditions permanentes pour ne pas perdre une miette des images et des informations qui ne cessent d’affluer.
Mais, déjà, toutes les attentions comment à se déporter sur un sujet bien particulier. Le tremblement de terre et le tsunami ne sont plus que des causes, presque lointaines, pour une menace bien plus effrayante pour le reste du monde : la menace nucléaire bien connue des créateurs de Mothra et autres monstres légendaires…
Là où les phénomènes climatiques ont eu des effets, certes mortels, mais localisés sur le pays, les dégâts subis par quelques unes (trois à l’heure actuelle) des nombreuses centrales nucléaires japonaises  pourraient entraîner des effets nocifs pour tous les pays du globe. Tchernobyl est déjà sur toutes les lèvres… Les ingénieurs et techniciens japonais luttent contre la montre, jour et nuit, pour refroidir les réacteurs dont les équipements ont été endommagés et stopper la possibilité que certains combustibles entrent en fusion. Les informations sont encore difficiles à obtenir (la priorité n’est pas vraiment à la phase de communication à outrance) mais on sait que certaines vapeurs radioactives se sont déjà échappées. La situation pourrait encore empirer…

Une partie des centrales japonaises.

Comme on pouvait s’en douter, les débats fleurissent déjà sur la place du nucléaire dans notre propre société française, comme s’il avait fallu une telle catastrophe pour que tout le monde se rappelle que le nucléaire n’est pas une énergie si anodine.
Comme aux élections régionales où un simple reportage de Yann Arthus-Bertrand avait été accusé de booster les votes Europe Écologie, il est facile d’imaginer que la couverture médiatique aura un impact non négligeable sur les votes aux prochaines élections voire les programmes politiques des présidentielles (si le sujet se maintient assez longtemps…).

Voilà donc en quelques jours, comment le débat politique français se retrouve polarisé dans une direction complètement différente. En début de semaine, le problème principal de la France était le fait que ses citoyens soient de confession musulmane. Une claque en mode tsunami plus tard et nous voilà en plein dans un sujet autrement plus pertinent, à savoir les choix économiques et énergétiques de notre pays dans les cinq prochaines décennies. Un sujet qui devrait à tout prix être traité de toute manière par l’ensemble du paysage politique et pas seulement par les Verts. Hélas, il faut attendre ce genre d’évènements pour qu’on puisse en débattre. Et, encore. Débat, il n’y aura peut-être pas tant les intérêts sont importants et poussés par des lobbys particulièrement puissants, tout en haut de l’État lui–même.
Est-il possible aujourd’hui de débattre d’un sujet comme celui-ci, moins « glamour » que la déchéance de nationalité et la polygamie ? Peut-on discuter le fait qu’il apporte à la France une indépendance énergétique appréciable ? Ou rappeler que certaines centrales nucléaires françaises sont dans un état de délabrement inquiétant ? Voire que toutes les garanties sont loin d’être apportées quant au traitement des déchets nucléaires ? Sans doute pas, hélas. Notre président ne souhaite pas porter son discours sur ce genre de sujets… Et les autres partis se font un plaisir de lui emboîter le pas de toute façon !

Sans commentaire.

Alors, reste à espérer au moins que la situation ne s’aggravera pas au Japon tout en permettant au sujet d’avoir un peu de lumière. Souhaitons bon courage à tous ceux qui vivent en ce moment des moments particulièrement difficiles. Il faut garder espoir en la capacité du Japon à se remettre sur pied après un tel coup. Certains économistes prédisent déjà que les nombreuses réparations et reconstructions pourraient sortir l’économie japonaise de l’ornière où elle se trouve, on aimerait le croire…
Quoiqu’il en soit, il est possible que le pays doive à nouveau absorber nombre de peurs liées à l’énergie nucléaire, enrichissant encore davantage son imagerie (pop)culturelle de monstres « godzillesques ». Difficile aujourd’hui de porter son regard sur l’avenir et les fruits qui pourront naître de ce sang et ces larmes…

Godzilla contre Ghidorah.

dimanche 16 janvier 2011

Les dangers de la démocratie.

Paradoxalement, en politique, la démocratie est souvent le pire des handicaps. Dans notre belle république démocratique, mieux vaut laisser de côté votes et débats contradictoires pour être bien placé sur la voie du pouvoir. Le débat ouvert et la confrontation des idées, ce sont un peu comme… la chaîne et le boulet qui peuvent vous entraîner vers le fond. Les français (ou en tout cas les médias) n’hésitent jamais à s’abattre sur ce qu’ils voient comme des « dissensions » ou pire… des « oppositions d’égos ».
Mieux vaut un bon gros égo qui écrase tout le monde et empêche les paroles déviantes de s’exprimer qu’un bordel de petits égos. Les « petites phrases » et les « luttes d’appareil » sont les bons petits ingrédients du parti inapte à gouverner. Alors qu’un leader autoritaire est « charismatique » et « courageux ». Putain d’injustice. Nous admirons les petits chefs et méprisons les unions.

Il y a de quoi rire jaune quand on voit à quel point la démocratie est minée par ceux-là même qui en profitent. C’est ce qu’on appelle jouer contre son propre camp. Appeler de ses vœux celui-là même qui va t’enlever ta liberté. Se foutre dans la merde tout seul.
Tout ça à cause de la nature humaine. Cette saleté. Pour se faire une idée de tout ce qui nous empêche d’avancer dans la bonne direction, je conseille la lecture de Lord of the Flies (Sa Majesté des mouches) de l’auteur anglais William Golding et 1984 de son compatriote George Orwell. Deux romans qui prennent aux tripes pour tous ceux qui sont capables d’y lire cette triste vérité : nous ne sommes pas naturellement bons, nous ne sommes pas des démocrates, nous ne voulons pas être libres.
Et ce n’est ni une question d’éducation, ni une question de société oppressive. Simplement ce que nous sommes et c’est peut-être le plus dur à encaisser. Et, accessoirement, ce sont deux putains d’histoires. Suivez donc les aventures d’un petit groupe d’enfants anglais échoués sur une île paradisiaque et découvrez la vie de Winston Smith, habitant d’Océania dans une société où « Big Brother vous regarde ».

Nazisme et Stalinisme font toujours bon ménage. Comme avec la dernière version du Crâne Rouge, Némésis de Captain America.

Tout cela doit vous paraître bien déprimant, non ? Le désarroi que l’on ressent lorsqu’on voit les remous produits et amplifiés par chaque prise de parole démocratique, justifiée ou non.
Heureusement, une lueur d’espoir est venue éclaircir le tableau ces derniers jours : la révolution tunisienne. Un grand mouvement démocratique qui a mené au renversement d’une dictature. L’avenir nous dira s’il accouchera d’une démocratie ou d’un nouveau régime totalitaire. Une fois de plus, il ne faut pas oublier que la démocratie pave parfois la route de ses ennemis.
On n’oubliera en tout cas pas les quelques paroles de nos chers dirigeants français lorsque Ben Ali occupaient encore ses beaux appartements tunisiens. Enfin, certains oublieront sans aucun doute mais je ne crois pas que ce sera le cas des tunisiens.

Ma réaction à ce qu'ont osé dire les ministres français sur le mouvement tunisien.

On pensera en tout cas aux sacrifices et aux morts qui ont permis cette victoire. Triste que la démocratie, chose si fragile, exige autant de ceux qui veulent la défendre.

Bonne année à tous ceux qui me font l'honneur de me lire.

PS 1 : Ce nouveau billet lance l’année 2011 en retard. Désolé pour ce long délai avant la reprise et, ne vous inquiétez pas, tout repart comme en 2010 !
PS 2 : Je suis plongé dans le premier omnibus de la dernière série Captain America. Une édition introuvable ou presque mais les épisodes sont disponibles en français dans le magasine Marvel Icons et en anglais sous forme de Trade Paperback. Je le conseille à tous ceux qui aiment les histoires d’espionnage, de nazis qui se font tabasser et de héros éternels. Même si vous n’aimez pas Captain America. Comme c’était mon cas.

mardi 14 décembre 2010

La théorie du complot et du con.

A votre avis, la société en général est-elle sur une pente ascendante ? Ou, au contraire, s’avance-t-elle à grands pas vers une apocalypse à gros budget (en 2012 bien sûr) ? Grande question, n’est-ce pas ?
De tout temps *mode dissertation de première*, l’humanité a balancé d’un côté puis de l’autre. Une confiance absolue dans le progrès et la capacité de l’homme à ne pas reproduire ses erreurs. Ou l’assurance qu’un passé lumineux est peu à peu remplacé par une chute glauque vers les ténèbres et le chaos. Une opposition comme nous les aimons tous, en mode Bien contre Mal, Jedi contre Sith ou… Steven Seagal contre Chuck Norris ?

En ce moment, en France et dans le monde, ce serait plutôt le côté « Fin du monde » qui l’emporte… Le moral des ménages, indicateur le plus déprimant qu’il soit, joue au yo-yo dans les tréfonds de l’échelle. Pour la première fois, il semblerait que l’espérance de vie ait baissé l’année passée aux USA. La crise est dans toutes les têtes et toutes les discussions, les jeunes sont des analphabètes casseurs multirécidivistes fan de Twilight et la planète sera bientôt un désert radioactif englouti sous les eaux et peuplé de vagabonds habillés en cuir (Mad Max, Ken le survivant, Fallout & co). Ça fait rêver quoi.

Le seul moyen de sauver notre avenir des jeunes.

La déprime à l’échelle planétaire est un concept assez flippant. Pour les quelques chanceux ayant pu côtoyer des personnes dépressives, vous savez que de la dépression à la parano il n’y a qu’un pas. Que les malades en question franchissent souvent d’un bond enjoué. Et lorsque c’est le monde qui déprime, la parano qui s’ensuit fait la taille d’un Mark Henry.
Conséquence immédiate : l’épidémie de théoriciens du complot persuadés que des millions de banquiers et diplomates juifs islamistes mormons supportant Obama infiltrent le gouvernement pour conquérir le monde/cacher des extraterrestres/voler nos femmes/manger nos enfants/détruire le capitalisme (rayez les mentions inutiles). Selon eux, si le monde va si mal, c’est bien que, dans l’ombre, chaque jour, certains se frottent les mains et ricanent machiavéliquement en observant les résultats de leur fabuleux plan. Logique.

Allégorie de la parano mondiale.

Le vrai problème, c’est que ce pessimisme et toutes ces théories très amusantes (faut avouer) poussent les gens à ne pas chercher de vraies solutions aux problèmes. Quant c’est la crise, passer des heures sur le forum à prouver l’implication de végétariens fans de Mylène Farmer ayant préempté le FMI ressemble quand même un peu à de la perte de temps. Pourquoi faire les efforts nécessaires pour enrayer la chute de la lecture chez les djeunz quand on consacre déjà son intelligence supérieure au noble artisanat dit de « la moustache d’Hitler sur opposant » ?

Si le complot est inquiétant, le théoricien lui est plutôt rigolo en fait.

Bref, le complot, je n’y crois pas. A part dans mon X-Files ou dans mes comics de Morrison et Ellis.
Ou… Non, en fait il y a un complot auquel je crois. J’ai beau lutter, celui-là je suis persuadé qu’il existe vraiment. C’est le complot du gros con d’Internet. Celui qui cherche à vous persuader qu’il n’y a que des cons sur terre ou au moins sur Internet. Celui qui poste sous 50 pseudos différents en-dessous d’un article pour y mettre ses commentaires racistes, mysogines, antisémites, débiles, méprisants ou égoïstes. Du genre de celui qui va commenter un témoignage de professeur de ZEP dépressif en lui disant que c’est bien fait pour sa gueule vu qu'il a fait grève comme tous ses connards de potes staliniens. Tous ces commentaires qui vous donnent envie de vous pendre avec votre RJ 45.
Parce que moi, je sais très bien qu’en fait c’est toujours le même. Une seule personne. Et si on avait un compteur pour le reconnaître à chaque fois, il serait beaucoup moins inquiétant. Ça en ferait un con connu, un bon con, le con qu’on serait presque heureux de retrouver en bas de chaque nouvel article.
Mais là, on n’a pas de preuve. Alors je doute...

lundi 1 novembre 2010

La machine à voyager dans la politique.

Un "long" weekend : trois jours. Ça paraît énorme avant que ça ait commencé. Une fois lancé, ça parait juste normal et, après coup, on pourrait jurer que c'était tout aussi court que d'habitude. Il y a peu de choses plus flexibles que notre perception du temps. C'est sans doute ça qui rend aussi fascinant les nombreuses fictions présentant des voyageurs temporels. Lorsque je suis devant Doctor Who, je n'ai aucun mal à croire qu'il est possible de manipuler le temps pour s'y déplacer comme sur une autoroute. Tout simplement parce que nous avons la sensation chaque jour que le passage du temps est tout sauf immuable.
Cette introduction m'amène, comme toujours, à faire un parallèle avec notre bonne vieille politique française : depuis 2007, le temps politique semble s'être grandement accéléré à l'impulsion de Nicolas Sarkozy et de son parti. Les déclarations des hommes politiques ne se sont jamais succédé aussi rapidement, mettant à profit autant que possible les nouvelles technologies.

The Tardis of Doctor Sarkozy.

Occuper le terrain, afficher bruyamment ses opinions et surtout démontrer toujours davantage qu'on agit, qu'on réforme et surtout qu'on ne cède pas. Chaque action et chaque déclaration efface la précédente, l'empêchant d'être analysée et donnant cette impression d'urgence, de temps qui s'accélère.
Mon sentiment est que cette nouvelle manière de faire de la politique, en plus de remplacer le fond par la forme, est la principale cause de l'apparition de ce qu'on appelle "la droite décomplexée".
Qu'est-ce que la droite décomplexée ? Pour moi, c'est cette frange de l'UMP qui est prêt à faire sienne un discours autrefois réservé au Front National et qui choque jusqu'à l'international. C'est aussi cette aile du parti qui arrive à provoquer des remous à l'intérieur même de l'UMP avec ses positions les plus polémiques (quelques exemples ici, et encore ici). Si la droite décomplexée a ses porte-étendards, elle se manifeste à l'occasion dans les discours de nombreux hommes politiques à droite et pas uniquement ceux appartenant au mouvement Droite Populaire.

La droite décomplexée regrouperait donc des personnes, des groupes, des idées et même une mode. Pas très clair tout ça, et pourtant je fais de mon mieux pour expliquer ! Si, si, je vous jure.
Et si la droite décomplexée était en réalité un concept multiforme ? Voire une entité indépendante qui se manifeste indépendamment de la volonté de ses porte-paroles, pervertissant le discours politique et les valeurs démocratiques de la république ! La droite décomplexée… une incarnation anthropomorphique au même titre que Dream ou Death des Endless (les Eternels en VF) du comics Sandman par Neil Gaiman. Un être qui se déplacerait secrètement au milieu des hommes, les influençant et les transformant subtilement.  Ca fout les jetons, non ?

Lequel pourrait le mieux représenter la droite décomplexée à votre avis ?
Bon. J’aimerais bien y croire mais la droite décomplexée, c’est simplement l’avatar français d’un mouvement international. Le retour vers une politique populiste et anti-immigration qui, bien que minoritaire, étouffe la grande majorité de modérés. On en connaît les conséquences : banalisation de l’extrémisme et mise en danger des minorités fragiles.
Une seule chose à dire donc : soyons vigilants et surtout intraitables avec les dérapages, les sous-entendus et autres appels du pied qui foisonnent sérieusement du côté de notre parti présidentiel. Que les médias continuent à en être commentateurs, et surtout critiques, et que la justice n’hésite pas à condamner chaque fois que c’est nécessaire. Même si on peut regretter que nous soyons dans un pays où un ministre condamné pour injure raciste puisse rester au gouvernement sans que cela indigne qui que ce soit ou presque.

Sans commentaire.
 
C’est la fin de ce petit billet en mode mini coup de gueule auquel je pensais depuis un certain temps.
Si vous avez besoin de vous changer les idées comme moi, je ne peux que vous inviter à découvrir cette superbe série Sandman, commencée il y a déjà 20 ans et que de nombreux lecteurs de comics considèrent à juste titre comme un des chefs d’œuvre du genre. Suivez les aventures de Dream, le seigneur du monde des rêves auprès des hommes, des anges et des démons, à travers les siècles.

The Sandman par Neil Gaiman chez DC Comics : chaudement recommandé.

PS : J’ai récemment commencé la lecture de la série Sandman par l’achat du premier tome de l’édition luxueuse « Absolute » en version originale. La série a également été éditée en français il y a quelques années mais j’ai vu ici et là quelques critiques peu amènes sur le niveau de traduction. A vous de voir...

mercredi 27 octobre 2010

Liberté – Sacré – Sécurité : les étoiles semblent bien lointaines.

Le Week-end dernier, j’avançais lentement mais sûrement mon visionnage de la troisième saison de Battlestar Galactica (oui, j’ai pris l’habitude de regarder toutes mes séries ou presque avec une voire plusieurs années de retard…).
Ce qui me plaît dans cette série, c’est la cohabitation d'une vision futuriste et de problématiques bien actuelles.
L’action se situe quand même dans des vaisseaux spatiaux géants traversant la galaxie en essayant d’échapper à une race robotique et intelligente, les cylons. Tout ce qu’il faut pour plaire à ceux qui comme moi ont eu leur enfance bercée par Star Wars, les romans d’Isaac Asimov et de Frank Herbert. Les personnages, eux, se débattent dans des intrigues amoureuses, politiques et religieuses.

 Isaac Asimov. Ça, c'est de l'auteur.

Le fond religieux est même un peu trop présent à mon goût avec des prophéties et des divinités issues de la mythologie gréco-romaine présentes dans chaque épisode entre les cyborgs et les sauts dans l'hyperespace. Un mélange qui ne me parle pas trop.
Je suis un athée convaincu. Si on me demande mon avis, la religion est à l'avancée humaine ce que la politique est à un repas de famille : le meilleur moyen de pourrir l'ambiance et de s'assurer que personne ne va pouvoir s'amuser (souvent le Vatican fait tout ce qu'il peut pour s'assurer que je ne change pas d'avis, comme ici). Donc un futur lointain avec une science avancée mais plein de religions, ben… je n'y crois pas trop.

C'est sûr que ce n'est pas lui qui irait nous créer des cylons.

A côté de cela, les scénaristes aiment aussi jouer sur le thème de la sécurité et de tous ce que les hommes sont prêts à abandonner lorsqu'ils se sentent menacés : la démocratie et les libertés fondamentales, par exemple. Ca nous parle, hein ?
Quand certains militaires sont prêts à torture pour identifier des cylons infiltrés, tout le monde comprend qu'on parle de guerre contre le terrorisme à l'américaine. Mais, plus proche de nous, ca me rappelle aussi ce qu'on entend de plus en plus à droite : "la sécurité est la première des libertés". C'est même devenu le leitmotiv des membres de la Droite Populaire au sein de l'UMP (du côté où on fricote avec le FN). Un adage sacrément dangereux selon moi, il laisse entendre que la sécurité vaudrait tous les sacrifices, notamment celui de la liberté de circuler ou de la vie privée. Carrément con comme idée. Ce qui n'empêche pas la gauche de s'y engouffrer comme un seul homme au lieu de marquer sa différence. On n'est vraiment pas aidés…

Est-ce si difficile d'orienter le débat sur d'autres thèmes pourtant ? L'opposition doit-elle systématiquement jouer sur le même terrain que le gouvernement ? Je pense carrément le contraire et je le montre avec une idée bien farfelue pas plus tard que maintenant.
Les élections ça devrait se gagner sur des programmes ambitieux et novateurs : moi, je veux qu'un candidat me promette de tout faire pour relancer un programme européen de conquête spatiale.
Ras le bol d'entendre parler chaque mois d'une nouvelle planète "peut-être" habitable mais encore complètement inatteignable. Je veux, de mon vivant, voir des images de ces planètes avec des mecs tout blancs qui sautillent comme des kangourous. Je veux aller manifester contre une multinationale qui exploite les ressources de la lune à tout va, comme dans le film Moon. Et je veux visiter une station spatiale, aussi (ça marche si on est milliardaire).
C'est aussi à ça que devrait servir la politique, comme dans les années 60 aux USA : à regarder vers les étoiles et à préparer le futur. On ne va quand même pas commencer à regretter l'époque de la guerre froide quand même, si ??

Moi je vote pour lui. Direct.

Bon. Ou sinon avoir un programme électoral centré sur l'éducation et la recherche. Ce serait déjà bien (mais j'aimerais bien aller dans l'espace quand même…).

Et vous alors, vous n'auriez pas des idées un peu dingues sur une autre manière de faire de la politique ?

PS 1 : tout ça à cause de Battlestar Galactica. Imaginez un peu ce que m'inspire Dexter…
PS 2 : vraiment désolé pour le retard dans l'arrivée de ce nouveau billet, la semaine a été particulièrement bien remplie !

dimanche 17 octobre 2010

Un cautère sur une jambe de bois, ou l'autre réforme des retraites.

J'ai parlé d'un petit peu tout et surtout n'importe quoi dans mes premiers billets mais il est temps de passer aux choses sérieuses !
La réforme des retraites occupe toutes les discussions depuis de nombreuses semaines déjà, chacun a son avis sur la question et je vais donc vous faire part du mien.

Je crois appartenir à la majorité des français qui s'accordent sur la nécessité d'une réforme rapide mais qui considèrent celle actuellement proposée par le gouvernement comme à la fois inégalitaire et inefficace.
Issue d'un relatif "passage en force", elle n'a intégrée aucune proposition venue de l'opposition ni surtout des syndicats. Ceux-ci n'ont d'ailleurs pas été consultés sérieusement, d'où la grogne actuelle. Elle est entièrement basée sur le report général de l'âge de départ à la retraite, une solution désagréable mais qui en plus ne règlera pas le problème puisqu'une autre réforme sera très vite nécessaire.
Bien-sûr, elle rassure les marchés et tout le monde a bien compris que c'est aujourd'hui la priorité. Il faut suivre les préconisations du FMI, ce qui permet par ailleurs de mouiller par la même occasion DSK, pourquoi se priver ? Bien entendu, on ne lit que ce qu'on veut bien lire et quelques petits malins ont vu dans le rapport du FMI d'autres conseils assez intéressants…
Il est toujours bon de s'afficher avec le garçon le plus populaire du lycée.

On se rend donc rapidement compte en écoutant aussi bien à gauche qu'à droite qu'il y aurait bien d'autres leviers à actionner. La commission Attali elle-même en énonce quelques-uns et pourtant… Attali, quoi. Je ne vais pas vous faire un dessin mais ça en dit long sur les possibilités de faire mieux ou en tout cas autrement.
Bon le modèle suédois, c'est gentillet. C'est très français de dire que les scandinaves font mieux et qu'on devrait faire pareil. Ce qui est pour moi autrement primordial c'est l'emploi des séniors. Ce sujet absolument pas traité dans la réforme, ce véritable problème français qui fait que repousser l'âge revient à baisser les cotisations (ce que le président se refuse à faire hum).
D'un côté on a la théorie : repousser l'âge de départ à la retraite repousse mécaniquement l'âge de départ du monde du travail. C'est un peu la photo du Big Mac dans la publicité.
Et en face on la dure réalité : les entreprises ne comptent rien changer. Ça par contre, c'est ce que vous allez retrouver dans votre boîte en carton après avoir payé.

 
La théorie et la pratique, c'est pareil en fast-food et en politique.

Bref, on est mal barrés. Et je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on est dedans à cause d'une vision complètement pourrie des séniors et de la vieillesse en général. Les français sont trop nombreux à être convaincus que la vieillesse c'est le symptôme ultime de l'inutilité et du poids mort. En mode série de science-fiction à deux sous où il y a toujours un épisode où le héros se bat contre une maladie qui le fait vieillir de manière accélérée et où tous les autres personnages le regardent avec un air désolé voire parfaitement méprisant.
On est très loin d'une vision gratifiante de la vieillesse et de la notion d'héritage qui l'accompagne. Un peu comme chez l'éditeur DC Comics dont les héros modernes cherchent souvent le conseil des héros plus âgés, apparus pendant la seconde guerre mondiale et dont les actes font toujours référence. Voilà quelque chose qui nous manque et qui risque de nous attirer toujours davantage de problèmes. Réforme pourrie donc…

 A gauche, Wesley Dodds alias le Sandman : un héros comme on en fait plus.
A droite, le colonel O'Neill de Stargate SG-1 dans une mauvaise passe.
Vous choisissez quoi, vous ?

A vous de me dire si je me trompe sur toute la ligne où si vous pensez vous aussi que les séniors devraient être plus valorisés, et pas seulement dans le monde du travail.
Une dernière chose au fait, je fais partie des pessimistes qui pensent que quoiqu'il arrive, grève ou blocage, la réforme ne bougera plus. Le dernier vote n'est plus dans très longtemps et après, selon moi, le soufflet ne tardera pas à redescendre… Mais que ça ne nous empêche pas d'imaginer la réforme de demain ! En espérant que ce soit un véritable argument de campagne en 2012.